C’est lors d’une nuit où j’étais aux prises avec une indigestion que m’est venue l’idée d’écrire ce billet. La douleur à peine perceptible dans mon ventre le jour me garde réveillée la nuit. Même lorsque je tombe de fatigue, impossible de dormir. Je n’ai plus qu’à me lever et regarder le temps passer : il faut se résigner.
Évidement, différentes douleurs ne se vivent pas de la même façon. La douleur de l’accouchement, par exemple, pourtant extrêmement intense, est une douleur de transformation. La meilleure façon de la vivre est de l’accueillir.
Beaucoup de douleurs sont des signaux d’alarme. Il ne faut pas pousser au-delà, sinon gare aux blessures et autres problèmes : il faut écouter la douleur.
Certaines sont reliées à notre mode de vie : il faut changer nos habitudes.
Les douleurs que nous infligent les autres ne devrait pas être acceptées : il faut se défendre et fuir.
La douleur du sport a souvent un effet euphorisant : elle donne envie de recommencer, alors que la douleur de la maladie nous force à prendre soin de nous (si on est assez sage pour le faire).
Il est important de trouver la bonne façon de vivre sa douleur. Si la douleur de l’accouchement n’est pas accueillie, il sera difficile pour le corps de s’ouvrir et de faire son travail. J’ai rencontré des marathoniennes qui croyaient que l’accouchement serait pour elles un jeu d’enfant, mais pour qui la mentalité d’endurance n’a pas fonctionné. Elle se bloquaient face à la douleur sans la laisser s’exprimer, sans laisser la vague couler pour créer l’ouverture sur son passage.

De la même façon, les nouveaux parents qui endurent la douleur de l’allaitement pour le bien de leur enfant ont tort. Quand on y pense, l’allaitement devrait être une source de confort pour les deux partenaires. Lorsqu’il y a douleur, en plus d’une blessure possible, c’est aussi un signe que le bébé ne transfert pas assez de lait. Il faut rectifier la prise au sein pour que l’allaitement se poursuive sans douleur et avec beaucoup de lait.
La douleur que je ne comprends pas est celle infligée par les guerres et la méchanceté
et celle qui me fait le plus de peine est la douleur chronique.
Comment sommes-nous supposés prendre ces douleurs? Simplement vivre avec?
