Du calibre minimal des bananes en Belgique

On est toujours le migrant de quelqu’un.

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        – Donc, ce sera un cappuccino pas trop mousseux, un thé chai et un panini italien. Ce ne sera pas long.

        Anne travaille dans un café pour payer ses études. C’est un lundi soir de mai, pluvieux et froid. Elle regarde la table où Frankie a l’habitude de s’asseoir, mais Frankie ne vient plus depuis trois semaines. Elle s’est prise d’affection pour ce type dans la cinquantaine qui, chaque fin d’après-midi depuis près d’un an, du lundi au vendredi, vient prendre un café et faire des mots croisés, arrivant toujours à la même heure, dix-sept heures trente, repartant chaque fois à dix-huit heures vingt-huit, comme si ses heures n’avaient que cinquante-huit minutes en elles. Grand, mince, chauve hormis une légère couronne de cheveux épars, les lunettes toujours en équilibre précaire sur le bout du nez … Anne le voit bien. Une plaie ambulante.

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