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1955. Le film Blackboard Jungle sort dans les cinémas. Il est maintenant reconnu comme le film phare d’un important changement culturel, entre autres pour sa représentation de la violence dans les écoles publiques américaines. C’était aussi le premier film de Hollywood à utiliser le rock and roll dans sa trame sonore. La jeunesse était conquise: on allait au cinéma pour danser dans les allées! Avec la sortie du film partout dans les salles aux USA et à l’international, le rock and roll et tout son tralala a envahi la planète.
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1955 était aussi l’âge d’or des ciné-parcs, ou plutôt des drive-in comme on les appelait. Le plus gros, au Massachusetts, pouvait accueillir 5 000 voitures, soit deux fois plus que son rival. Certains avaient des navettes pour conduire les enfants au terrain de jeux ou les parents au restaurant. Mais la plupart étaient plus modestes, comme celui de Belmont ON. Il n’en reste aujourd’hui que 16 dans tout l’Ontario.
Les écrans de drive-in venaient dans toutes les tailles. Certains qu’on peut encore voir de nos jours ne sont que des palettes métalliques plantées en terre pour offrir le moins possible de résistance au vent. À l’époque, les structures étaient de bois et devaient avoir un peu plus de soutien. Le Skylight Drive-In de Pembroke, Ontario, où j’ai travaillé comme projectionniste pour une saison au début des années 1970, était de ceux-là. Il y avait un hangar étroit au pied de l’écran pour abriter les services d’électricité et l’équipement d’entretien.
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En 1955, il y avait deux drive-ins à Hamilton, Ontario. Les deux avaient été construits par le même entrepreneur et se ressemblaient beaucoup sauf pour les dimensions. Le plus gros des deux était le Hamilton Drive-in Theatre. Peut-être l’entrepreneur cherchait-il à rentabiliser son investissement, je ne sais pas, mais il avait incorporé un bungalow à l’écran. La moitié avant — soient la cuisine, le salon et le bureau — supportait la marquise, et les chambres à l’arrière donnaient sur l’intérieur de l’écran, une énorme caverne sombre avec des poutres et des chevrons dont on ne voyait pas le bout.
On peut se demander qui voudrait loger dans un endroit pareil avec les processions de voitures, les phares, le gravier partout et l’ombrage nulle part. C’est pourtant là que la famille Béland est allée vivre, en anglais, pendant toute une saison, une saison de rock and roll, une saison de drive-in américain. The Alfred-Hamilton connection!
À suivre.







