Une charmante lectrice, s’appuyant sur un échantillonnage de deux, m’a demandé si les nœuds étaient une affaire de gars. La réponse brève est non (!), mais les choses se corsent en tentant de justifier cette réponse.
Il n’y a pas si longtemps, dans l’univers des gars, on utilisait des cordes de chanvre, d’abaca, de lin ou de sisal pour lever, tirer et manutentionner dans des activités comme le matelotage, l’alpinisme ou l’équitation. Dans l’univers des filles, on utilisait le fil de laine, de coton ou de lin pour habiller, couvrir et ornementer en faisant du tricot, du crochet ou de la frivolité (tatting).
Si on s’arrêtait ici, on pourrait affirmer que les nœuds ne sont pas l’apanage des gars, qu’il y avait des nœuds de gars et des nœuds de filles, et que ces dernières ont probablement fait plus de nœuds que les gars. Mais les temps changent. Les fibres synthétiques ont envahi la planète et les machines ont remplacé les mains. On ne fait plus beaucoup de nœuds.

À bien y penser, Colette a partiellement raison, les nœuds — de paracorde — sont une affaire de gars.
Les photos du haut sont du domaine public
La photo de la paracorde est de David J. Fred