Flammèches

Ma petite histoire de l’imprimerie

Il était une fois

C’était la révolution que notre Manu attendait pour s’emparer du médium.

À la mitaine

Au début des années 1950, ma grande sœur enseignait dans une école de rang à Treadwell. Chaque semaine, elle reproduisait des dessins à colorier pour les enfants de sa classe. Elle calquait d’abord un dessin à l’encre qu’elle appliquait sur une gélatine dans une lèchefrite. En pressant un papier sur la gélatine, on obtenait une impression. On pouvait faire ainsi tout juste assez de copies pour sa classe. J’étais son fier assistant !

Les années suivantes, à mon école, j’ai constaté qu’on utilisait une technique beaucoup plus moderne : le duplicateur à l’alcool, qu’on appelait plus précisément une machine à copier, Ditto de son nom propre. C’était plus rapide et surtout, le papier sentait tellement bon !

L’âge d’or

L’appareil était un cyclostyle, et le procédé était de la cyclographie. Je viens tout juste d’apprendre ces mots, sur le tard. Nous, on disait une Gestetner, du nom de la marque. Le stencil de cire, ou pochoir, à travers lequel l’encre était pressée, était perforé par les frappes de dactylo et ça suffisait pour la reproduction de textes de bureau divers.

Une Gestetner

L’appareil était usagé, probablement prêté par le service de la Jeunesse et des Loisirs du ministère de l’Éducation de l’Ontario. Charles Lemay, mon mentor, en était le capitaine et Thérèse Delorme, son adjointe. Ces deux personnes ont nourri le feu de Cinésources 10 à ses débuts.

Quand la Gestefax est  arrivée, c’était une révolution. La Gestefax était un scanneur qui pouvait reproduire une image sur un stencil au moyen de stylets.

C’était le moment attendu par notre ami Manu de s’emparer du médium. Enfin, on pouvait imprimer des illustrations avec une Gestetner. Communiquer avec notre public prenait une tout autre allure.

Une Gestefaz

Il y a eu d’autres petites révolutions par après, mais l’ère de la Gestefax en fut une de découverte et de créativité qui a marqué le début de quelque chose de plus grand.

Première publication, 1971

L’entête est un collage de deux impressions à la Gestetner. J’espère que Manu ne m’en voudra pas d’avoir déterrer un vieil autoportrait. Oui, il fumait.

Impression à la gélatine: les détails m’échappent. J’étais très jeune.

Merci de tolérer mon petit écart dans le texte. Charles et Thérèse ont joué un très grand rôle au début de Cinésources. On a manqué de le souligner.

6 réponses

  1. Ha! Ça me rappelle divers souvenirs scolaires.
    Je me souviens aussi assez vaguement du procédé à la gélatine. -Je me souviens que la gélatine dans les bacs était de couleur brun pâle ou un peu comme caramel ?
    Lorsque j’étais écolier en 6e-7ème année à Ste-Foy (près de Québec), notre professeur nous a lancé le défi de produire un petit bulletin (ou des “fiches pédagogiques” disait notre vieux prof ?) d’une ou deux pages avec quelques articles et peut-être un jeu ou deux jeux. (Je me souviens que j’avais écrit un petit topo sur l’invention et le développement du PARACHUTE, – Je pense que j’avais plus tôt un petit livre de la Bibilothèque verte sur ce sujet?)
    LE bulletin était reproduit par le procédé à l’alcool qui produisait des copies d’un bleu un peu délavé. Nous devions préparer nous-mêmes nos stencils pour l’impression. Est-ce que j’utilisais déjà une dactylo pour préparer mes stencils ? J’oublie. (J’avais hérité de la vieille Smith-Corona de mon grand-père.) Mais le fin du fin, c’est que j’avais découvert au secrétariat l’existence de stencils de couleur, au moins en rouge et vert, je crois. Alors avec bien de la précision et attention, on pouvait superposer l’encre de deux ou trois stencils et produire des copies avec des illustrations en couleurs !
    Et “le papier sentait tellement bon ! ?” – Ouais, On confiait parfois aux bons (?) élèves de notre classe la responsabilité d’imprimer eux-mêmes au secrétariat les 20 ou 30 copies requises pour la classe. — Après un certain temps devant la machine à copier, je pense qu’on finissait par avoir un buzz à cause de l’alcool/solvant. Pas très sain à la longue ?

  2. Jean-Pierre, tu es un as de la petite histoire. Je dois dire qu’un petit vent de nostalgie a soufflé quand j’ai lu ton article…

  3. J’ai conservé quelques ” bleus ” qui remontent à mon primaire. Hélas, si la couleur est demeurée, l’odeur s’est dissipée. J’aurais préféré l’inverse. Ah, la bonne odeur des examens tout frais…

  4. Wow Jean-Pierre, impressionnant, où est-ce que tu as déniché ce vieux vieux souvenir, je l’avais moi-même complètement oublié! Merci d’entretenir des recherches archéologiques dans des couches sédimentaires quasi inaccessibles!

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