Une amie que je n’avais pas vue depuis longtemps est venue passer un moment chez moi il y a quelques jours. En faisant le tour de mon terrain, où poussent assez librement une grande quantité de plantes, elle s’est arrêtée pile devant une talle de myosotis et s’est penchée pour les contempler, avec ravissement.

Elle m’a demandé si j’avais déjà regardé de près une de ces toutes petites fleurs. J’ai répondu non en évitant d’avouer que l’idée ne m’en serait même pas venue. Quand je me suis approchée et penchée pour me livrer à l’exercice, elle m’a dit « elles sont si petites qu’on ne remarque pas à quel point elles sont jolies, tout simplement parfaites. »
L’image de cette humble fleur, sur laquelle il faut se pencher pour en voir la beauté délicate, m’a accompagnée pendant des jours. Je n’avais jamais associé beauté et humilité, mais cette minuscule fleur m’a invitée à changer de perspective.

Le Jardinier paresseux, qui n’est plus de ce monde, mais qui a longtemps été pour de nombreux jardiniers non professionnels (et peut-être un peu paresseux, comme moi) une précieuse référence, a écrit ce qui suit sur le fait que le myosotis s’appelle en anglais forget-me-not.

La légende du chevalier: la version la plus populaire raconte qu’un chevalier français cueillait des fleurs au bord d’une rivière pour sa bien-aimée. Alourdi par son armure, il tomba à l’eau. Avant de couler, il lança le bouquet à la dame en criant : « Ne m’oubliez pas ! »
La légende divine: une autre histoire raconte qu’après avoir nommé toutes les plantes de la création, Dieu en oublia une très petite. Cette dernière cria alors : « Ne m’oubliez pas ! »
Je remercie Hans, Tantetati et Christels pour leurs photos libres de droits.

