C’est la faute au café! C’est lui le coupable. Je m’explique. Le café a toujours eu une place de choix dans notre famille. Il a atteint sa période de gloire quand nos fils se sont lancés dans la torréfaction et la vente de café. Les résidus de café nous sortaient par les oreilles. Il y avait les coques (chaff) et le marc. Les coques ont trouvé un usage passager dans le jardin, mais la quantité de marc a découragé tous les efforts de recyclage. Sauf pour une timide et infructueuse tentative de produire des champignons dans un substrat de café.
Les années ont passé et le marc de café familial finissait dans le composteur, mais sa quantité dérangeait le fragile équilibre du compostage. Comme je suis retraité, que je n’ai rien à faire et que je m’ennuie (ha!), j’ai pensé reprendre à mon compte le défi de cultiver des champignons dans le marc de café.
Le billet pourrait finir ici, parce que je n’ai pas réussi. Le marc de café est trop fin et trop dense pour accommoder le mycélium. Puis il ne retient pas assez d’humidité pour amener le champignon à maturité. Résultat de la première tentative : des briques durcies de substrat que j’ai dû casser avant de les jeter dans le composteur.
À ma deuxième tentative, comme je n’avais toujours rien à faire (reha!) j’ai pris les grands moyens. J’ai préparé 4 seaux et 3 bacs d’un mélange de paille, de café et de blanc sur millet (grain spawn). Une moitié du mélange produirait des pleurotes dorés et l’autre des pleurotes bleus. Les deux suivent des programmes différents : le pleurote doré préfère une température de 24°C et plus et le bleu préfère 10°C.
Une autre belle place pour finir le billet. J’étais nerveux, je manquais d’expérience et le processus demandait pas mal de concentration. J’aurais dû écouter Stephanie, aussi*. Ce n’est que quelques semaines plus tard que j’ai compris que j’avais croisé les étiquettes et que je ne savais plus quel pleurote se trouvait où.
Résultat de la deuxième tentative : les trois bacs et un seau sont maintenant au compost et un seau m’a donné des pleurotes bleus mais gris. Je me croise les doigts pour les deux autres seaux.
Il y aura une troisième tentative, c’est certain. Des champignons frais qu’on a sautés dans l’huile d’olive avec un peu de sel, mmm…
Le mycélium, ou blanc de champignon est un réseau de filaments souterrain qui constitue l’appareil végétatif du champignon.
À des fins de culture, le blanc est injecté dans un support temporaire (bran de scie ou grains) où il se propage et peut ensuite être mélangé au substrat. Dans notre cas, il s’agissait de blanc sur millet.
Le substrat est a matière qui permet au mycélium de se nourrir et de se propager, tel le sol dans la nature.
Les étapes dans la culture mycologique
La propagation dans le substrat – la croissance souterraine : chaleur, noirceur, humidité, espace fermé
L’apparition de nœuds hyphaises : le primordium – début du cycle de reproduction, quand la plante a épuisé les ressources souterraines : fraîcheur, lumière, humidité, espace ouvert
La fructification : de la tête d’épingle au champignon – les boutons sortent à l’air libre et produisent des spores : chaleur, lumière, humidité, espace ouvert
La photo d’entête a été prise le 25 décembre. J’ai trouvé ça émouvant de voir apparaître les boutons le jour de Noël. Ouis, je sais, je suis un grand sentimental.
* Stephanie a des décennies d’expérience en culture maraîchère commerciale et familiale. Quand elle dit qu’il manque d’eau, il manque d’eau. Point à la ligne.








