Flammèches

Le Domebook 2

Partie de la couverture du livre

L’anniversaire est passé inaperçu. En mai 2021, on aurait pu fêter le 50e anniversaire de la publication de Domebook 2, un manuel d’instructions pour la construction de dômes géodésiques inspirés par Buckminster Fuller. C’était le rêve d’une nouvelle génération de bricoleurs qui cherchaient à défoncer les murs (littéralement) de l’architecture de masse. Réinventer l’habitation. Et pourquoi pas le monde, quant à y être.

L’anniversaire est passé inaperçu. En mai 2021, on aurait pu fêter le 50e anniversaire de la publication de Domebook 2, un manuel d’instructions pour la construction de dômes géodésiques inspirés par Buckminster Fuller. C’était le rêve d’une nouvelle génération de bricoleurs qui cherchaient à défoncer les murs (littéralement) de l’architecture de masse. Réinventer l’habitation. Et pourquoi pas le monde, quant à y être.

La page 4 du Domebook 2

Le livre, ou plutôt cahier grand format de 133 pages, a été réalisé dans les ateliers de Whole Earth Catalog et s’est vendu à 175 000 exemplaires. Le tirage aurait été de beaucoup supérieur si l’éditeur, Lloyd Kahn, n’avait pas cessé la publication en 1973. « Ça ne marche tout simplement pas ! », a-t-il répété sur toutes les tribunes dans les années suivantes. L’industrie est en rectangles, pas en triangles.

J’ai participé à la construction de trois dômes durant ces années folles. Chaque fois, l’aventure a été palpitante, et ce malgré les énormes difficultés. Installer une porte rectangulaire dans un mur de triangles convexe n’est pas une mince tâche. Les deux premiers dômes sont toujours debout et habités par mon frère et son épouse. Le troisième, à l’arrière du Centre culturel La Ste-Famille de Rockland, a été rasé depuis.

Pourtant c’était le plus complexe. C’était un dôme elliptique de modèle Zapoche, comme un œuf couché sur le côté et coupé en diagonale, donc plus haut à un bout. Plus techniquement, c’était un dôme triacon à fréquence 2 étiré par un facteur de 1,618.

Cordes du triacon

Ce dôme était un projet d’été pour les jeunes de La Ste-Famille et sa construction est bourrée de souvenirs juteux pour ceux et celles qui ont participé. Il est à l’origine des célèbres vendredis de La Ste-Famille (dans un autre billet, peut-être?).

Dans un article paru en 1989 et intitulé « Refried Domes », Lloyd Kahn racontait : « À ce moment-là, nous avions construit 17 dômes à la Pacific High School, et pour dire la vérité, la qualité du travail était moins qu’exquise. Le facteur temps (quelques mois seulement pour éviter les pluies), le facteur âge (travail d’adolescent), le facteur coût ($1200 par dôme), et bien sûr, le facteur drogue, ont eu raison du produit fini. Pourtant, nous avons beaucoup appris. »
Rien à ajouter.

Une copie PDF du Domebook 2 peut-être téléchargée de archive.org.

La photo d’en-tête est une reproduction partielle de la couverture du Domebook 2. J’aurais préféré une photo du dôme de La Ste-Famille mais je n’en ai pas.

La deuxième image est le haut de la page 4 du cahier. Ça donne une idée de l’approche décontractée de la publication.

La troisième image représente la dimension des cordes (struts) du modèle Zapoche. À noter que les ordinateurs étaient rares à cette époque. On disait que plusieurs calculs avaient été faits sur les ordinateurs de la NASA.

2 réponses

    1. Je pourrais aussi me rendre au Musée de Clarence-Rockland, qui se trouve dans les anciens locaux de la Ste-Famille: un magnifique petit musée tenu à bouts de bras par Gilles Chartrand.

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