Le souvenir de ce qui s’est produit ce jour-là me ramène naturellement à la question du hasard, à savoir ce qu’il est et ce qu’il n’est pas ou, encore plus simplement, s’il existe.

Après plusieurs mois d’un bienheureux répit, mon fidèle et très ancien compagnon, le mal de ventre, était de retour. J’étais à la bibliothèque du quartier et je cherchais un livre « significatif ». Pas un polar, qui me distrairait pourtant un peu de la douleur, mais un livre qui m’apprendrait quelque chose d’important et de réel.
Alors je l’ai vu. Cet énorme bouquin, une nouveauté, qui trônait bien en vue sur une étagère, traitait d’un sujet qui me fascine toujours, me sidère souvent et, quelquefois, me désespère : le cerveau humain.

Je l’ai ramassé sans hésiter, mais, en route vers le comptoir des prêts, j’ai entrevu la couverture colorée d’un livre qui a tout de suite fait dévier ma trajectoire. Le livre en question, qui exerçait sans conteste sur moi un fort pouvoir d’attraction, portait comme titre « Le meilleur anti-douleur, c’est votre cerveau ».
Sans même l’ouvrir pour en lire un extrait, je l’ai pris et suis allée remettre l’autre livre, le gros savant, sur son étagère.

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. » – Paul Éluard
L’auteur du livre choisi, c’est John Sarno. Ce médecin américain qui, faisant face à un nombre incalculable de patients dont les douleurs ne pouvaient être expliquées par aucun diagnostic, s’est intéressé, puis consacré, à une approche « corps-esprit ». Lui qui n’avait pas de formation en psychologie – il était médecin ainsi que professeur de médecine physique et de réadaptation à l’Université de New York – en est pourtant arrivé à conclure que les problèmes des patients dont les douleurs, quoique bien réelles et mesurables, n’étaient liées à aucun problème structurel, étaient d’origine psychologique. Il a alors formé une équipe multidisciplinaire, composée notamment de psychologues, pour traiter ces patients.
Un extrait du livre:

Pour celles et ceux que la médecine dite officielle n’a pas su ou pu aider, un livre comme celui-ci, qui propose une démarche claire et passablement exigeante, peut être salutaire. Il faut cependant tenir compte du fait que le Dr Sarno traitait des patients souffrant de maux de dos et de problèmes musculosquelettiques, et que le livre comporte beaucoup d’information à ce sujet. Certains chapitres qui abordent les aspects psychologiques cadrent néanmoins tout à fait avec ce que le Dr Sarno appelait « l’équivalent d’un STM » (syndrome de tension musculaire), qu’il s’agisse de problèmes gastro-intestinaux, de fatigue chronique ou d’autres maux pouvant avoir une origine psychologique.
Le Dr Sarno est décédé le 22 juin 2017, soit un jour avant son 94ème anniversaire. Un nombre impressionnant de patients qui ont retrouvé la santé grâce à ses traitements lui ont rendu hommage au fil des ans.
Un extrait de la préface du livre:


Je tiens à remercier inthepewsshow et Gerd Altman pour les images libres de droit.

