Une route sans église – signe des temps?

(Première partie)

Au milieu des années 1960, la route de l’Église, un des axes principaux de la ville de Sainte-Foy d’alors (en banlieue de Québec), comportait trois églises paroissiales catholiques. Aujourd’hui, soixante ans plus tard, il ne reste plus aucune de ces églises (du moins en tant que lieu de culte), mais on y retrouve… une mosquée.

À l’été 2023, profitant d’un court séjour à Québec, je suis retourné visiter et arpenter du nord au sud cette route qui fut l’axe central de mon enfance et de ma prime jeunesse, de la fin des années 1950 jusqu’en 1971. (Et j’ai depuis poursuivi mes explorations dans mes souvenirs personnels et sur le web pour en apprendre plus sur l’histoire de cette route et de son quartier.)

Le haut de Sainte-Foy est traversé de trois grands axes est-ouest : le chemin (de) Sainte-Foy au nord, le chemin Saint-Louis au sud (plus près du fleuve Saint-Laurent), ces deux voies anciennes prenant leur point de départ ultimement dans le Vieux-Québec. Entre les deux, le boulevard Laurier, grande rue commerciale qui prolonge la Grande-Allée depuis le centre-ville de Québec et mène aux deux ponts de Québec. Ces deux ponts (Pont de Québec et Pont Pierre-Laporte) sont les seuls liens routiers entre les deux rives du Saint-Laurent au niveau de Québec, ce qui amène la controversée demande de construction d’un troisième lien.

La route de l’Église, elle, s’étend du nord au sud sur à peine 3,5 kilomètres et coupe à angle droit les trois axes ci-dessus.

« La route de l’Église est ouverte aux environs de 1685 pour faire le lien entre le chemin de Sainte-Foy et le chemin Saint-Louis. Son nom lui est attribué vers 1720, après la construction de l’église Notre-Dame-de-Foy. » [Wikipédia]

Notre-Dame-de-Foy

L’église Notre-Dame-de-Foy, aussi connue comme Notre-Dame-de-la-Visitation, est (était) donc située au coin sud-est de l’intersection du chemin de Sainte-Foy et de la route de l’Église, justement. L’église et le site participent à l’histoire des environs de Québec depuis plus de deux siècles : Vers 1705, une église rudimentaire y est construite, qui sera remplacée par un bâtiment en pierre élevé vers 1722.

L’église a même eu un usage militaire : au cours de l’hiver 1759 et 1760, peu avant la bataille de Sainte-Foy (28 avril 1760), l’église est utilisée comme poste fortifié par les soldats britanniques. Incendiée à leur départ, elle est rétablie au cours des années suivantes.

« Une nouvelle église est édifiée de 1876 à 1878 d’après les plans de Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903), un architecte réputé de Québec. L’église, incendiée en 1918, est ensuite reconstruite. En 1977, elle est dévastée par un autre incendie qui n’épargne que les murs de pierre extérieurs. » [https://fr.wikipedia.org/wiki/Site_patrimonial_de_la_Visitation ]

Après ce dernier incendie, l’église n’a pas été reconstruite, mais on en a conservé les murs de pierre qui ont été surmontés d’une structure en acier rappelant son clocher et le toit. Entourée de son très vieux presbytère, de son cimetière et d’un joli petit parc, le tout forme maintenant le Site patrimonial de la Visitation où l’on retrouve  le Centre d’interprétation historique de Sainte-Foy.


À l’été 1956, après un long séjour aux États-Unis, mes parents et moi avons emménagé dans un appartement de l’autre côté de la route de l’Église, à peine à deux minutes de marche au sud de l’église. (Je suis moi-même né à Syracuse dans l’état de New York.)

Dominique et Élisabeth, mes deux sœurs les plus âgées, sont ensuite nées vers la fin des années 1950 pendant que nous habitions cet appartement, et elles ont probablement été baptisées toutes deux dans cette même église.

Comme nous avons quitté cet appartement dès 1960, alors que j’avais 5 ans, il ne me reste aucun souvenir de l’église elle-même, sinon vaguement de sa façade? Je ne me souviens plus qu’on m’y ait amené pour assister à la messe, par exemple. (Amenait-on régulièrement les enfants de 5-6 ans à la messe à cette époque-là, sinon pour un baptême ou la messe de minuit à Noël?)

Il me reste par contre un peu plus de souvenirs de notre appartement : l’assez grande cuisine, un long couloir où je pouvais jouer et faire rouler mes petites autos miniatures (Dinky Toys). Des balançoires dans la cour arrière, où je pouvais voir la longue chevelure blonde de d’une petite voisine voler dans le soleil quand elle se balançait. L’accident de ma sœur Dominique, qui est tombée de son tricycle sur les marches de béton à l’avant de l’édifice, se donnant une vilaine entaille au front. Papa a dû amener Dominique à l’hôpital pour quelques points de suture, et elle en garde toujours la cicatrice.

Lors de ma promenade de l’été dernier, j’ai pu retrouver le petit bloc de deux étages où se trouvait notre appartement. Le petit escalier de béton fatidique se trouve toujours devant. J’ai même pu converser un peu avec une des locataires actuelles qui prenait l’air sur son balcon.

À l’été 1960, mes parents ont acheté une maison neuve, et nous sommes déménagés dans la paroisse Saint-Louis-de-France, à l’autre extrémité de cette même route de l’Église.

Mais ça, ça sera l’objet d’un prochain billet…
Comme on disait dans les magazines de bandes dessinées de mon enfance : (Journal de Tintin, etc.) :
La suite au prochain numéro !

2 réflexions au sujet de “Une route sans église – signe des temps?”

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