Tristesse

Tristesse

Se faire des accroires
Qu’on aurait enfin pu se faire voir
S’être fait une joie
Qu’on se rende compte
Qu’on était là
Qu’on existait

Optimisme candide

Mais c’était trop demander
D’être enfin validé
Aux yeux même
De ceux en qui on avait confiance

Vie à l’arrêt

Espoirs déçus
Plonger volontairement dans l’anonymat
Faut pas en faire tout un plat
C’est normal d’être annihilé
Quand on est marqué par l’invisibilité

Trou noir de la honte

Promesses vaines
Coeur en détresse
Tomber dans les craques du système
Qui fonctionne à coups de barèmes
Faut pas chercher loin
Il y a toujours quelqu’un
Qui est plus en besoin

La machine t’a ghosté

Exister est un problème
Tu dois chasser cette humeur morose
Sinon ton âme aussi est en errance
Et les autres, ça les indispose

Quand t’es pas zen
Tu restes avec ton vide
Seul chaque jour
Condamné à l’exclusion toujours
Vaincu

Visage inopportun

Ah l’amour

Quête amoureuse perpétuelle
Chercher son miroir habituel
Tenter d'imprimer son label
Pour se reconnaître enfin tel quel

Entrer dans ses profondeurs
Sans bien en mesurer la valeur
Vouloir s'approprier cette lueur
Qui fait oublier la peur

Se faire croire qu'on est raccord
Malgré la mécanique folle des ressorts
Qui induit le désaccord
Déjà le déclin mord

Idéalisation de la relation
Dérive des premières émotions
Arrive l'ère des revendications
On veut mettre le traître en prison

Narratif ébloui sur les rapports
Se servir des plaisants transports
Pour contrer la finalité du corps
Idéologie de mort

Se rendre compte de la béance
Qui émerge en pleine puissance
Pour bouleverser toutes nos croyances
Et révéler l'inévitable échéance

On a perdu notre passeport
Et on jette le terrible accord
Même si on croyait qu'il allait conjurer le sort

Pourtant on en veut encore
Et on se remet à jouer les conquistadors
En s'imaginant que cette fois ce sera mieux
Désordres amoureux

Ignorée

Ignorée
Par mes pairs 
Je m'enfuis dans leurs songes
Inconscients
Mon ombre s'allonge 
Et j'intègre la transparence
Camouflée sans remords 
Non familière
On me fige
Plus de raccord
On oublie ma présence
Rien d'important
Évacuée
On m'abandonne au carrefour
Plus de labours
Heureuse comme un abat-jour 
Je m'efface
Bientôt plus de trace
Ça y est 
J'ai pris le biais
Où suis-je?

Coup de Foudre

un éclair
sur l'eau claire de la mer
un frisson
soulève l'onde profonde
un simple son
s'abandonne
il se donne
à Ton Visage
insuffle Vie au paysage
de mon âme
qui tout à coup réclame
une Présence
Autre
reconnaissance
ce qui est nôtre
se fait jour
rassemble
les parties éclatées
de deux êtres
laissant le paraître
pour le tout
pour l'ensemble
intensité
de l'amour partagé
qui ensemence
les doux remous
du chemin
Tracé d'une Main
qui offre le Souffle
serment
qui inonde
de sa chaleur
la peur
de l'absence
sans que le vent ne s"essouffle
porteur d'espoir
oui, voir
Ton Regard
qui transforme le soir
en magnifique Art
de la Lumière
Splendeur
tout autour
Grandeur
du Vivant
qui nous tient!
Viens!

Le mirage des apparences

Quand on se colle aux apparences
Qu'on en fait sa pitance
Qu'on ne croit qu'à ce qui se fait voir
En superficie
Ça occulte la vraie vie

Mais ça c'est pas notre terroir
Ni non plus notre territoire

On préfère
Les affaires lisses
Les gens aussi
Tout ce qui nous glisse
Sur le pourtour
Qui ne joue pas des tours
À notre blanche petite tour
Aimablement propice
À nous maintenir
Confortablement assis
Faut pas que ça interfère Avec ce qui nous fait tenir Bien en laisse Nos propres faiblesses

Instantanéité

Consumer sa mort
On voudrait qu'elle soit dehors
Évacués, les désirs d'immortalité
On brûlerait vif pour l'instantanéité

Enflammées les folles vacuités
Ce qui se croit habilité
À nous donner notre accréditation
On ne cherche pas plus loin
On a écouté notre plus grand besoin
Et on s'est trouvé une justification
Tout est ok, on peut aller en société
Pas besoin d'autres considérations
Le compte est bon

On peut arrêter de compter
Ce flux d'années toutes alignées
Pas nécessaire de se connaître
On a trouvé notre raison d'être
C'est suffisant pour suivre le fil
Une existence dans la balance
De ce qui va se terminer, faut-il
Sans qu'on ait à donner notre permission
Du moins c'est notre impression
De nos jours on ne cherche plus le sens
Aveuglé par les feux des artifices On s'est jeté sans malice Dans le tourbillon du spectacle ambiant Pour participer à la mêlée Un rôle dans le jeu valorisant Pour faire croire qu'on est vivant
On ne sait même pas qu'on avait une mission Une qualité toute naturelle On a oublié qu'on avait cet appel À se réaliser en tant que réceptacle manifesté
De la constance d'éternité