Ma deuxième maison

Une petite histoire qui nous rappelle que l’environnement éducatif doit être un lieu accueillant, attrayant et épanouissant, où il fait bon vivre.

Je m’appelle Popo et j’éprouve un très grand plaisir à parler de Lala. Elle était mon éducatrice. Chaleureuse et attentionnée, elle se montrait toujours empressée quand j’avais besoin d’elle au service de garde. Elle avait la même attention envers les autres enfants. Parfois, je sentais que je la voulais pour moi tout seul. Mais je savais que c’était impossible : il y avait les autres. C’est la vie!

Quand je l’ai rencontrée pour la première fois, j’ai eu peur d’elle et elle m’a compris. Je l’ai même entendue dire à ma maman : «Il est compréhensible qu’un enfant ait peur d’un inconnu; c’est une étape normale de son développement. »

Auparavant, c’était très compliqué pour moi de trouver ma place au milieu d’inconnus, sans la protection de mes parents. Il m’était difficile d’établir des liens avec les autres enfants de mon âge. Je me contentais seulement de les regarder. Mais, grâce à Lala, le service de garde est vite devenu mon deuxième endroit préféré. C’était un lieu accueillant, attrayant et épanouissant, où il faisait bon vivre, d’autant plus que je pouvais y faire ce que j’aimais le plus au monde : jouer!

Le jeu, c’est mon domaine. Par le jeu, je suis entré en relation non seulement avec les autres enfants, mais aussi avec Lala. En jouant, j’ai également appris à gagner, à perdre et à laisser ma place. La présence attentionnée de mon éducatrice et sa disponibilité m’ont beaucoup aidé dans mes apprentissages.

Il m’arrivait, parfois, de porter mon doudou avec moi toute la journée et de pleurer parce que je voulais ma maman. Certains de mes amis se moquaient de moi, mais non Lala. Elle savait que j’étais attaché, d’abord et avant tout, à mes parents. Ils sont irremplaçables!

Lala est contre les parents qui croient que les éducatrices et les éducateurs ont le même rôle qu’eux. Moi, je suis d’accord avec Lala. Je sais que les éducatrices et les éducateurs travaillent avec un groupe, tandis que mes parents ont un seul enfant à la maison (moi).

Même si certaines familles ont plusieurs enfants, ceux-ci sont loin de se comporter de la même façon lorsqu’ils sont en groupe. Je suis moi-même un bel exemple. À la maison, je joue avec mes jouets aussi longtemps que je le veux. Mais, au service de garde, je dois les partager, parce que mes amis disent souvent : « C’est mon tour. »

Quand Lala déclare que les éducatrices et les éducateurs ont rôle différent de celui des parents, elle soutient que ces derniers réagissent trop souvent sur-le-champ. Cependant, les professionnels de l’éducation de la petite enfance qui travaillent au service de garde ou à l’école doivent planifier leurs actions et les adapter de temps en temps, afin de permettre à chaque enfant de se développer globalement et harmonieusement.

Selon moi, Lala a raison. Quand j’étais sous sa responsabilité, elle me procurait des soins de base pour assurer ma santé, ma sécurité et mon bien-être, mais sans s’y limiter. Elle avait aussi un rôle important à jouer dans mon éducation. Elle m’aidait à développer mon sens de l’autonomie, de la responsabilité, de la décision, des valeurs humaines et du bonheur. Également, elle était là pour attirer l’attention de mes parents sur mes problèmes de santé ou autres.

Cependant, comme ces derniers, Lala me laissait jouer librement, pourvu que je sois en sécurité. Mais il faut toujours qu’un adulte soit présent et disponible pour assurer, notamment, une bonne utilisation des jouets et de l’espace de jeu. Ils savent que mon autonomie se construit sous des regards bienveillants. Ils croient tous que j’apprends en jouant.

Enfin, le service de garde est…

… MA DEUXIÈME MAISON!

Bytchello Prévil

www.0faute.org

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