Le lac Saint-Laurent

En 1958, la construction du barrage Moses-Saunders sur le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Cornwall, a été complété. Il a fallu quatre jours pour remplir son réservoir, maintenant appelé lac Saint-Laurent. Sept villages du côté ontarien du fleuve ont ainsi été submergés sous l’eau.

Le barrage Moses-Saunders, Cornwall, Ontario

Les habitants de ces villages ont pu dans certains cas faire déplacer leurs maisons à de nouveaux emplacements, alors que d’autres ont aménagé dans de nouvelles constructions.

Il ne s’agissait pas d’un désastre naturel et personne n’a perdu la vie lors de cet événement, mais le fleuve et le paysage de la région ont été complètement modifiés, et les vies chambardées.

Les Mohawks d’Akwesasne pour leur part ont perdu 1200 acres de leur réserve, sans qu’aucune discussion n’ai lieu avec eux auparavant, ni aucune indemnisation versée! C’est seulement en 2008 que des pourparlers ont commencé, qui ont abouti à un règlement 15 ans plus tard.

Les rapides qui ont caractérisé le fleuve à cet endroit ne sont plus, et on peut seulement imaginer le nombre de micro-environnements naturels perdus avec l’inondation.

C’est peut-être en rapport avec ma hantise perpétuelle de manquer d’eau, mais il y a quelque chose avec la magnitude de cette transformation, de la masse d’eau là où elle n’était pas, qui vient me chercher.

Lost Villages Museum à Long Sault, Ontario

Jean-Pierre et moi avons récemment visité le Lost Villages Museum à Long Sault, Ontario, constitué de dix édifices relocalisés avant l’inondation. Ces bâtiments regorgent d’artefacts offerts par les gens touchés, ce qui témoigne peut-être de l’importance pour eux de garder en souvenir leurs passé sur ces terres.

Je ne doute pas que pour beaucoup de personnes, l’aliénation des lieux où elles étaient profondément enracinées aura créé une grande blessure. Heureusement, ces gens ont reçu une compensation (même si tardive, pour certains) pour leur sacrifice. Ce n’est pas le cas pour beaucoup dans le monde qui sont forcés de quitter leurs terres…

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