{"id":126,"date":"2023-04-14T11:53:20","date_gmt":"2023-04-14T15:53:20","guid":{"rendered":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/?p=126"},"modified":"2023-04-14T12:06:57","modified_gmt":"2023-04-14T16:06:57","slug":"rencontre-orange","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/2023\/04\/14\/rencontre-orange\/","title":{"rendered":"Rencontre orange"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier il a neig\u00e9. Oh! Pas beaucoup. Un voile tout mince jet\u00e9 sur tout. Juste assez pour effrayer les bourgeons, abriller le th\u00e9 des bois, faire frissonner les violettes et les trilles. J\u2019ai d\u00fb allumer le po\u00eale \u00e0 bois, ce qui m\u2019a fait sacrer en voyant la fum\u00e9e se r\u00e9pandre dans le <em>shack<\/em> avant qu\u2019une flamme valable n\u2019avale les boulettes de journaux et ne l\u00e8che les copeaux pour finalement s\u2019en prendre aux b\u00fbches crois\u00e9es comme on me l\u2019avait recommand\u00e9. Je n\u2019ai pas l\u2019habitude. Et j\u2019ai la crainte. Celle du feu. Pas celles de la nuit, ni des orages, ni des fant\u00f4mes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De temp\u00e9rament plut\u00f4t solitaire, je m\u2019accorde tr\u00e8s bien avec le silence, les arbres, les roches, l\u2019eau. Depuis six jours, j\u2019habite au fond de la for\u00eat. Mon choix. J\u2019ai lou\u00e9 l\u2019endroit \u00e0 un ami. Sur l\u2019immense terrain&nbsp;: un champ en jach\u00e8re, une zone vallon\u00e9e, une pin\u00e8de, une for\u00eat mixte, un ruisseau, le tout vein\u00e9 d\u2019un r\u00e9seau de sentiers. Le paradis, quoi! La nature, c\u2019est ma seconde peau. C\u2019est comme \u00e7a depuis toujours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour acc\u00e9der ici, on doit s\u2019extirper de la 105 Nord qui m\u00e8ne \u00e0 Maniwaki, suivre une route de gravier qui s\u2019enfonce vers l\u2019ouest, prendre patience, rouler encore et encore. Les habitants y sont rares et, surtout, \u00e9loign\u00e9s les uns des autres. J\u2019adore! L\u2019an pass\u00e9, j\u2019ai aper\u00e7u un urubu \u00e0 t\u00eate rouge. Cadeau. Ils sont rares dans la r\u00e9gion. Apr\u00e8s des kilom\u00e8tres et des kilom\u00e8tres en tourne-\u00e0-gauche, tourne-\u00e0-droite, monte, descend, file un pan et hop! vogue la gal\u00e8re au gr\u00e9 des terres, un panneau blanc clou\u00e9 \u00e0 un court poteau \u00e0 moiti\u00e9 camoufl\u00e9 par des arbustes indique \u00ab&nbsp;Paris&nbsp;\u00bb. C\u2019est ici! <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 peine entr\u00e9s sur le terrain, on immobilise le v\u00e9hicule \u2014 pas le choix! il faut d\u00e9barrer et d\u00e9placer une barri\u00e8re&nbsp;\u2014 apr\u00e8s quoi, on roule en douce sur un chemin de roches et de nids de poule. Au bout? Un premier chalet. Plant\u00e9 dans le champ comme un triangle de cartes. Pas tr\u00e8s grand. Une cuisinette, un salon-salle \u00e0 manger, deux chambres \u00e0 coucher. Am\u00e9nag\u00e9 avec des meubles et objets h\u00e9t\u00e9roclites. Pas d\u2019eau courante ni d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Un po\u00eale \u00e0 bois, un r\u00e9frig\u00e9rateur au propane et deux lampes \u00e0 l\u2019huile suffisent au confort. Le lieu a la fiert\u00e9 humble de son propri\u00e9taire. Pour les toilettes? C\u2019est dehors! Une b\u00e9cosse \u00e0 cent m\u00e8tres. Adoss\u00e9s au mur ext\u00e9rieur du chalet, trois barils pour recueillir l\u2019eau de pluie. L\u2019eau potable, il faut l\u2019apporter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ma s\u0153ur m\u2019a d\u00e9pos\u00e9e ici il y a six jours. Avec son aide, j\u2019ai rang\u00e9 dans une brouette les quelques biens utiles \u00e0 mon s\u00e9jour et on a travers\u00e9 la for\u00eat par un sentier que nulle auto ne peut emprunter sans risquer d\u2019y laisser des morceaux. Destination&nbsp;: le second chalet, le \u00ab&nbsp;<em>shack<\/em>&nbsp;\u00bb, o\u00f9 je me trouve actuellement. C\u2019est le plus petit et le plus agr\u00e9able! En entrant, \u00e0 gauche, deux lits superpos\u00e9s; au centre, un po\u00eale \u00e0 bois, une table, deux chaises, un comptoir surmont\u00e9 de deux tablettes et, luxe supr\u00eame, une berceuse; \u00e0 droite, un mini solarium dont un mur capte la lumi\u00e8re par un immense vitrail d\u2019\u00e9glise. Vision surr\u00e9aliste. D\u2019autres fen\u00eatres ouvrent sur une pente menant \u00e0 un ruisseau o\u00f9 cavalent les derni\u00e8res traces de l\u2019hiver. M\u00eame la porte ferm\u00e9e, on l\u2019entend. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s quelques heures, ma s\u0153ur est repartie vers la ville, un peu effray\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de \u00ab&nbsp;m\u2019abandonner au milieu de nulle part sans moyen de secours&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2014&nbsp;c\u2019est les mots qu\u2019elle a employ\u00e9s&nbsp;\u2014,&nbsp;tandis que je la rassurais du mieux que je pouvais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ben non, \u2019t\u2019en fais pas! Tout va bien aller. Y\u2019a pas de danger. \u2019Oublie pas, samedi prochain, de m\u2019apporter ce que j\u2019ai \u00e9crit sur la liste. Bye!&nbsp;\u00bb Pas de radio, pas de t\u00e9l\u00e9vision, pas de t\u00e9l\u00e9phone\u2026 rien! Rien que la paix \u00e0 perte de vue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait encore un peu frisquet ce matin. Je lance une attis\u00e9e dans le po\u00eale, fais chauffer de l\u2019eau dans la bouilloire. Mon d\u00e9jeuner&nbsp;: une tasse d\u2019eau chaude. C\u2019est mon quatri\u00e8me jour de je\u00fbne int\u00e9gral. La fin de semaine derni\u00e8re, je n\u2019ai absorb\u00e9 que des tisanes, de l\u2019eau, des fruits et des l\u00e9gumes frais. Les effets du sevrage n\u2019ont pas tard\u00e9 \u00e0 se faire sentir. \u00c0 coups de maux de t\u00eate, d\u2019\u00e9tourdissements et de naus\u00e9es, mon corps hurlait sa d\u00e9sintox. Mes six tasses de caf\u00e9 et mes deux paquets de cigarettes par jour lui manquaient. Heureusement, je m\u2019\u00e9tais pr\u00e9par\u00e9e et je savais \u00e0 quoi m\u2019attendre. C\u2019est d\u2019ailleurs suite \u00e0 la lecture du livre <em>Le je\u00fbne<\/em>, d\u2019Herbert Shelton, que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019entreprendre cette cure. Je n\u2019en pouvais plus de tousser, cracher, peiner \u00e0 la course et dans les escaliers. \u00c0 vingt-sept ans, je me sentais vieille et diminu\u00e9e. J\u2019\u00e9tais esclave et cela m\u2019irritait douloureusement. Je r\u00eavais de libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ici, je peux pleurer, chanter et crier sans d\u00e9ranger. Je peux lire, \u00e9crire, dormir \u00e0 ma guise \u00e0 toute heure du jour ou de la nuit. Et surtout, je me sens bien dans la nature. Je m\u2019y sens envelopp\u00e9e, prot\u00e9g\u00e9e. Je m\u2019y sens aim\u00e9e. Je dors beaucoup. Je marche o\u00f9 je veux. Je me baigne nue dans le ruisseau glac\u00e9. Je m\u2019allonge au soleil quand ses rayons de mai p\u00e9n\u00e8trent ma peau. Les parfums environnants me nourrissent \u00e0 sati\u00e9t\u00e9. Si bien d\u2019ailleurs, que j\u2019ai la vive impression de tricher. Comment pr\u00e9tendre au je\u00fbne alors que je me gave de terre, de soleil et d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019improvise mon avant-dernier jour de pause alimentaire en rythme lent comme tous les pr\u00e9c\u00e9dents\u2026 En matin\u00e9e, j\u2019\u00e9cris, je lis, je r\u00eavasse en me d\u00e9lectant \u00e0 petites doses des variables de l\u2019eau&nbsp;: ti\u00e8de, chaude ou froide. Vers midi, la sieste en guise de repas. Le temps glisse. J\u2019ai soudain faim de vie, de sentir mon corps en mouvement. Je me l\u00e8ve, m\u2019\u00e9tire, contemple le paysage par les fen\u00eatres. Soleil radieux. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans mon sac en bandouli\u00e8re, je jette serviette, bouteille d\u2019eau et livre. Je sors. Murmure du ruisseau. Gazouillis et cri des m\u00e9sanges, moineaux et geais bleus. Rythme de mes pas. Je monte une c\u00f4te. Mon c\u0153ur s\u2019emballe, tam-tam fort. Essoufflement. Je ralentis, rien ne presse, personne ne m\u2019attend. Je surgis du sentier forestier, \u00e9merge dans l\u2019espace ouvert du grand champ. Respiration ample \u00e0 l\u2019image du ciel sans nuages. J\u2019entre dans le chalet en triangle\u2026 fra\u00eecheur humide et odeur de renferm\u00e9. Je ressors. O\u00f9 aller?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Devant moi, le terrain vallonn\u00e9 m\u00e8ne \u00e0 la pin\u00e8de. Au centre, un orme majestueux. Partout autour, des v\u00e9g\u00e9taux couvre-sols. Je retire mes espadrilles et mes bas. J\u2019aime sentir sous mes pas le cr\u00e9pitement des mousses s\u00e8ches. \u00c7a chatouille et masse la plante de mes pieds. \u00c7a grimpe dans mes jambes, mon ventre, mon c\u0153ur. Je souris et avance vers la pin\u00e8de fendue d\u2019un \u00e9troit sentier. Je m\u2019y engage; l\u2019\u00e9clairage change. L\u2019\u00e9pais tapis d\u2019aiguilles pique un peu. Pas trop. Lenteur. Je regarde \u00e0 gauche, \u00e0 droite, sans me lasser d\u2019observer l\u2019alignement rigoureux des arbres. R\u00e9giment embaumant l\u2019air d\u2019effluves lourds et bienfaisants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019aboutis dans un deuxi\u00e8me champ. Diff\u00e9rent. Herbe sauvage, folle. On dirait une \u00eele enclav\u00e9e dans la for\u00eat de feuillus et de conif\u00e8res qui la cerne. C\u2019est ici que je choisis de m\u2019installer. Je d\u00e9pose mes espadrilles et mon sac. J\u2019\u00e9tends ma serviette et m\u2019y allonge apr\u00e8s avoir pos\u00e9 mon livre et ma bouteille d\u2019eau \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Repos. Temps immobile. Je contemple le ciel. Temps qui file. Le soleil r\u00e9chauffe. On dirait l\u2019\u00e9t\u00e9. Je me redresse, inspecte tout autour de moi, h\u00e9site\u2026 personne en vue! Je retire mes v\u00eatements. Couch\u00e9e sur le ventre, sur le dos, je me laisse p\u00e9trir la peau et l\u2019\u00e2me par les rayons. Une fourmi m\u2019extirpe de l\u2019assoupissement. Je m\u2019assois; la fourmi tombe sur la serviette. Je bois la presque totalit\u00e9 de mon eau. J\u2019attrape mon livre et replonge dans ma lecture amorc\u00e9e le matin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Soudain, j\u2019ai juste le temps de pencher la t\u00eate pour pr\u00e9venir la collision. Qu\u2019est-ce que c\u2019\u00e9tait? Une gu\u00eape? Une abeille? Non, c\u2019\u00e9tait plus gros. Un oiseau? Je regarde autour. O\u00f9 est pass\u00e9 l\u2019agresseur? Je ne vois rien, rien qu\u2019un papillon qui voltige, s\u2019\u00e9loigne. Le voil\u00e0 qui revient vers moi \u00e0 pleine vitesse. Mon dieu! Mais il m\u2019attaque! Ma t\u00eate, mue par r\u00e9flexe, s\u2019incline brusquement, l\u2019\u00e9vite de justesse. Je n\u2019y comprends rien. Un papillon! Attaqu\u00e9e par un papillon! Un monarque \u00e9norme. Vraiment \u00e9norme. Je n\u2019ai jamais rien vu de tel. J\u2019hallucine ou quoi? Le voil\u00e0 qui reprend son man\u00e8ge, voltige, s\u2019\u00e9loigne et vlan! se dirige \u00e0 nouveau en droite ligne vers moi. Mon c\u0153ur s\u2019affole. Mon esprit aussi. Non, mais\u2026 Je ne vais quand m\u00eame pas me laisser effrayer par un papillon! Je le regarde fondre dans ma direction. Courage! Ventre serr\u00e9, je ferme les yeux sans plus broncher.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des profondeurs, un mot jaillit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Patriarche&nbsp;\u00bb. V\u00e9rit\u00e9 qui s\u2019impose comme une \u00e9vidence. Ce papillon est un monarque patriarche. Je n\u2019apprends rien de plus!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9rout\u00e9e, je n\u2019ose pas bouger. Je le sens qui se pose sur ma t\u00eate. Simplement. Sur ma t\u00eate. Il remue. Ses pattes d\u2019insecte me chatouillent. Je continue de ne pas bouger de crainte de le faire fuir. Les minutes passent. De plus en plus de minutes. Cinq, dix\u2026 je perds le compte. Il reste l\u00e0, \u00e0 remuer de temps en temps sans s\u2019envoler. Je reprends mon livre, l\u2019ouvre afin de poursuivre ma lecture. Sur les pages, l\u2019ombre du monarque comme en un miroir. Je peux l\u2019observer. Battements d\u2019ailes. Large pulsation irr\u00e9guli\u00e8re. Il se d\u00e9place sur mes cheveux, reprend son immobilit\u00e9. \u00c7a m\u2019\u00e9merveille! Je lis tout en le gardant \u00e0 l\u2019\u0153il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vent l\u00e9ger. La for\u00eat chuchote autour de nous. Vent fra\u00eecheur. Je frissonne. Commence \u00e0 me sentir courbatur\u00e9e. J\u2019aimerais bouger, m\u2019habiller. J\u2019h\u00e9site. Attends encore un peu. Risquant le tout pour le tout, je me penche, attrape d\u00e9licatement mes v\u00eatements, me redresse. Mon \u00e9tonnant visiteur pi\u00e9tine un peu sur mon cr\u00e2ne, mais demeure en place. J\u2019enfile pantalon, gilet, bas, espadrilles. Je replie ma serviette, la replace dans mon sac avec l\u2019eau et le livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voil\u00e0. C\u2019est un d\u00e9part. Je me dirige lentement vers la pin\u00e8de, m\u2019enfonce dans le sentier. Le papillon est toujours l\u00e0, sur ma t\u00eate. Jusqu\u2019o\u00f9 m\u2019accompagnera-t-il? Je marche, l\u2019esprit serein connect\u00e9 au sien par quelque invisible lien. Soudain, je le sens qui remue et prend son envol. Je le suis des yeux; il se perche, tel un oiseau, sur une branche de pin. Tache orange. Monarque patriarche. Mon c\u0153ur se gonfle de gratitude. Je le remercie du cadeau inou\u00ef de sa visite. J\u2019ignore qui il est et d\u2019o\u00f9 il vient. Je sais seulement que nous nous sommes rencontr\u00e9s. Peut-\u00eatre reconnus. Je le salue une derni\u00e8re fois, me retourne et poursuis mon chemin. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans deux jours, ma s\u0153ur viendra me porter les aliments requis pour la rupture de mon je\u00fbne et pour ma seconde semaine de vacances. Jamais, je n\u2019oublierai cet \u00eatre singulier, surgi par je ne sais quelle faille du r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" data-src=\"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2023\/04\/pexels-pixabay-247671-1-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-135 lazyload\" width=\"78\" height=\"52\" data-srcset=\"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2023\/04\/pexels-pixabay-247671-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2023\/04\/pexels-pixabay-247671-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2023\/04\/pexels-pixabay-247671-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2023\/04\/pexels-pixabay-247671-1-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2023\/04\/pexels-pixabay-247671-1-2048x1365.jpg 2048w\" data-sizes=\"(max-width: 78px) 100vw, 78px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 78px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 78\/52;\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hier il a neig\u00e9. Oh! Pas beaucoup. Un voile tout mince jet\u00e9 sur tout. Juste assez pour effrayer les bourgeons, abriller le th\u00e9 des bois, faire frissonner les violettes et les trilles. J\u2019ai d\u00fb allumer le po\u00eale \u00e0 bois, ce qui m\u2019a fait sacrer en voyant la fum\u00e9e se r\u00e9pandre dans le shack avant qu\u2019une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":23,"featured_media":128,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_crdt_document":"","site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[113],"tags":[65,107,115,106,78,104,105,66,111,108,93,14,112,109,100],"taxon-du-petit-parc":[],"class_list":["post-126","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-recits","tag-beaute","tag-foret","tag-insolite","tag-jeune","tag-lise-careau","tag-monarque","tag-nature","tag-papillon","tag-pinede","tag-printemps","tag-recit","tag-rencontre","tag-shack","tag-solitaire","tag-solitude"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/users\/23"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=126"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":136,"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126\/revisions\/136"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/media\/128"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=126"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=126"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=126"},{"taxonomy":"taxon-du-petit-parc","embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetitparc.ca\/lise\/wp-json\/wp\/v2\/taxon-du-petit-parc?post=126"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}